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PAL 02 - Judge Dredd

November 14, 2017

Une vidéo sur un personnage culte de la BD britannique : l’impitoyable Judge Dredd.
Je vous présente aussi les volumes édités par Delirium.       

 

lien alternatif : http://www.dailymotion.com/video/x6917a5

 

Texte de la vidéo :

GENÈSE D'UNE FIGURE AUTORITAIRE

 

 

La genèse de personnage est assez tortueuse, mais pour faire au plus simple, alors qu’il s’apprêtait à lancer un magazine de BD de SF pour le compte d’IPC Magazines, Pat Mills, commanda au scénariste John Wagner une histoire sur un flic du futur brutal et expéditif. Le tout saupoudré d’un certain humour noir. À la manière de ce qu’ils avaient tous les deux vu dans une histoire de Spain Rodriguez, « Manning », ainsi que de l’histoire intitulée de Bezaire et Ortiz « Purge ! »

 

Il faut dire qu’à la fin des 70's les figures d’autorité violentes et borderline hantaient depuis longtemps la culture populaire. Que ce soit au travers de films comme Fahrenheit 451 ou l’inspecteur Harry.

 

 Pour créer l’univers graphique de Dredd Pat Mills fit appel à Carlos Ezquerra, un dessinateur espagnol qui s’inspira, entre autres, de l’esthétique fasciste ayant court dans son pays.

 

Par exemple, pour l’aigle sur la plaque des juges l’artiste ne s’inspira pas de symboles américains, mais de l’aigle franquiste figurant sur les pièces de 25 pesetas. De même l’uniforme du personnage évoque les forces de répression fasciste espagnole, mais aussi les unités de « voltigeurs » que l’on pouvait voir en activité lors de manifestations à Paris. Quand à la ville où évolue le personnage, la version qu’en donne Ezquerra s’inspire des formes architecturales de Gaudi, qu’il a pu voir quand il vivait à Barcelone.

 

C’est sur cette base qu’en mars 1977 qu’est publié la première histoire de Judge Dredd, dans le second numéro du magazine 2000AD.

 

UN FUTUR DYSTOPIQUE

 

La série prend place dans un futur post-apo où le monde n’est plus qu’un désert irradié surnommé « la terre maudite ». La population s’est regroupée dans des cités tout autant gigantesques et qu’inadaptées aux besoins humains. Celle où se déroulent la plupart des histoires se nomme Mega City One et s’étend sur toute la côte est des États Unis. Elle est divisée en secteur, eux même souvent composés de blocs, gigantesque immeuble bunkerisé où il est virtuellement possible de passer toute son existence sans jamais en sortir.

 Dessin de Mike McMahon

 

 

Du reste l’époque de Dredd a vu s’accumuler tous les problèmes de notre époque. Et en 2099 les inégalités sociales n’ont jamais été aussi grandes. L’océan est si pollué que l’eau est désormais noire. Il y a des guerres entre les blocs. L’automatisation a engendré un taux de chômage de 96 %. Les personnes atteintes de mutations génétiques sont bannies dans le désert radioactif à l’extérieur de la ville. Bref ce n’est pas vraiment le futur le plus désirable qui soit.

 

Et pour maintenir l’ordre cet enfer il a été créé l’ordre des juges.

 

Sélectionnés sur la qualité de leur ADN, ils sont formés dès l’âge de 5 ans à faire respecter la loi et se voient dotés des pouvoirs législatifs, judiciaires et exécutifs.

 

< Dessin de Brian Bolland

 

 

Le pire, ou le meilleur, d’entre eux est le juge Joseph Dredd, qui est une parfaite figure d’autorité fascisante doublée des codes du superhéros urbain poussé à l’extrême.

 

Tour cela pourrait rendre la lecture de ses aventures assez dérangeante voir être un repoussoir. Mais en tant que lecteur on est focalisé sur Dredd et par là même poussé à valider ses actions. Et ce même si dans la réalité on n’aimerait pas voir ce genre de personnes.

 

Si je devais comparer cette BD avec le cinéma je dirais que lire Dredd c’est un peu comme regarder Robocop ou Starship Trooper. En effet la série s’apparente par bien points aux films de Verhoeven. Dans les deux cas les auteurs intègrent des éléments de propagandes tout en refusant de nous d’expliciter la façon de comprendre ce qui nous est montré.

 

Dessin de Carlos Ezquerra >

 

Si c’est œuvres ne constituent pas d’horribles supports d’endoctrinement c’est grâce à un humour très second degré qui passe chez Verhoeven par la publicité au sein des films et chez Dredd par un univers parfois tellement burlesque qu’il est assez difficile à prendre au sérieux.

 Dessin de Mike McMahon

 

Cependant quand le comics se veut plus réaliste et mature les auteurs présentent souvent des personnages critiques envers le système autoritaire qui s’impose à eux. Ils vont même parfois jusqu’à mettre Jo en retrait de l’histoire. Cela a pour effet d’effacer rapidement sa stature héroïque tout en le transformant du même coup en une figure effrayante.

Dessin de Colin MacNeil

 

Pour cet aspect de l’univers je ne peux que vous conseiller la lecture de Judge Dredd : America qui m’est en scène une militante rêvant de démocratie. Ce qui fait d’elle une criminelle aux yeux de la loi.

Malheureusement cette histoire n’est plus disponible en français que sur le marché de l’occasion. Je ne peux qu’espérer que Delirium se décide à la rééditer. ( Depuis la réalisation de cette vidéo Delirium a réédité cette histoire dans le recueil Judge Dredd : Démocratie )

 

L'ÉDITION FRANÇAISE

 

Mais si je vous en parle aujourd’hui de ce personnage, c’est parce que cette année 2016 a vu arriver chez Delirium une superbe réédition de ses premières aventures.

 

Ce premier volume contient certes du contenu déjà publié plusieurs fois dans nos contrées. Mais l’édition fournie par Delirium est la meilleure à ce jour. Le volume est plus grand que ce qu’avait publié Soleil. Sa couverture est rigide et l’impression, sur papier couché, est de très bonne qualité, la traduction a aussi été revue, on voit le retour des pages couleur, et on a aussi droit à une introduction de Pat Mills.

 

Bon ça c’était pour la forme. Mais pour le contenu, ça vaut quoi ?


Et bien c’est plutôt pas mal. Mais attention on est face à des histoires écrites il y a près de quatre décennies. Et les auteurs n’avaient en moyenne que quatre à six pages pour s’exprimer. Du coup on n’échappe pas à quelques facilités dans l’écriture, et à quelques dénouements simplistes. En revanche l’ensemble est très énergique. Les auteurs laissaient visiblement libre court à leur imagination. Le tout est doublé d’une bonne dose d’humour aidant à transformer les histoires de ce flic fasciste en délire satirique.

 

Bref je ne peux que vous encourager à au moins jeter un coup d’œil à ce volume.

 

Mais ce n’est pas le seul ouvrage qu’a publié Delirium cette année sur le juge. Puisqu’en Mars (2016) a été publié l’album Judge Dredd : Origines et en août (2016) est sorti Lien du Sang.

 

 

Avec Judge Dredd : Origines, John Wagner et Carlos Ezquerra, assistés de Kev Walker, nous racontent en quelques sortent les origines secrètes du juge, tout autant que celle de son univers. Mais il ne s’agit pas d’une préquelle, et bien plus de flashbacks livrés aux moments opportuns. Et tous en relation avec la mission que Dredd effectue dans son présent au milieu des territoires irradiés des terres maudites. Mission capitale puisqu’en cas d’échec c’est tout le système judiciaire, qui pourrait être mis à mal. Le tout créant un excellent point d’entrée à l’univers du juge le plus craint de Mega City-One.

 

< Couverture de Brian Bolland

 

Lien du Sang, tiens plus de l’anthologie, même si l’histoire qui donne son nom au recueil est assez longue. Au travers de ses diverses histoires, John Wagner, aidé au pinceau par Ezquerra, Simon Frazer et Colin MacNeil, nous montre un Dredd vieillissant, devant se confronter à sa famille. Enfin, disons plutôt avec ses clones. Clones destinés par le conseil des juges à le remplacer un jour, mais intimidés par la figure du « vieux », et s’interrogeant sur leur statut.

 

Le ton de ces deux volumes est assez différent des premières histoires. L’univers reste assez dingue, mais les histoires étant plus longues Wagner à toute la place pour nous dépeindre une l’atmosphère plus complexe, sombre et pessimiste que dans Les affaires classées. Dredd y est aussi plus enclin à se poser des questions, sur le système qu’il sert et sur la réelle portée de ses actes.

Couverture de Carlos Ezquerra >

 

Bref c’est de la très bonne BD et je vous conseille vivement d’y jeter un œil.

 

On notera aussi réflexion à sorti récemment le épisodes de Judge Dredd publiés aux USA chez IDW.

 

La série est plutôt bonne mais il s’agit là d’une autre continuité qui n’a pas de lien avec le matériel britannique.

 

Wetta va sortir le cross-over Judge Dredd / Aliens et Judge Dredd / Predator.

 Dessin de Chris Mooneyham

Sources:

 

http://popenstock.ca/dossier/article/judge-dredd-ou-les-charmes-ambigus-du-super-fascisme

 

http://www.brucetringale.com/maintien-de-lordre/

http://www.brucetringale.com/the-walking-dredd/

http://www.brucetringale.com/la-securite-au-prix-de-la-liberte/

 

http://www.courte-focale.fr/cinema/dossiers/judge-dredd-loi-desordre/

https://www.mdcu-comics.fr/news-0020902-delirium-review-vf-judge-dredd-origines.html

 

http://artemusdada.blogspot.fr/2016/05/2000ad-judge-dredd.html

http://artemusdada.blogspot.fr/2016/05/mandroid-wagnerwalkercolbycrichtlow.html
http://artemusdada.blogspot.fr/2016/02/shimura-r-morrison-f-quitely.html

 

http://lamaisondes1d.canalblog.com/archives/2016/09/11/34308244.html

http://lamaisondes1d.canalblog.com/archives/2015/12/21/33101786.html

 

https://www.cbr.com/john-wagner-discusses-35-years-of-judge-dredd/

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Sur ce blog je vais donner mon avis, pour le meilleur et pour

le pire, sur ce que j’ai lu en BD (principalement d’origine anglo-saxonne, mais pas seulement).

 

Pour mes vidéos, en plus de fournir des liens pour les visionner, je vais en fournir ici les textes afin que ceux qui n’apprécient pas ce média puissent tout de même en profiter.

 

Et puis je ne m’interdis pas de quitter de temps à autre le 9° art pour aborder d’autres trucs de geek.