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Black Hammer

November 20, 2017

Vous vous êtes déjà demandé ce qui arrivait pour les super héros quand ils remisaient définitivement au placard leurs capes ?

 

Jeff Lemire si !

 

Black Hammer, tome 1

 

Auteur : Jeff Lemire

Dessinateur : Dean Ormston

Coloriste : Dave Stewart

Contenu vo : Black Hammer 1 à 6

Éditeur vo : Dark Horse Comics

Éditeur vf : Urban Comics

Date de publication VF : 20 octobre 2017

 

Eisner Award 2017 de la meilleure nouvelle série

 

 

 

< Sauf mention contraire tous les dessins

   dans cet article sont de Dean Ormston

 

 

RÉSUMÉ :

 

Il y a dix ans le vieil Abraham Slam s’est installé dans une paisible petite bourgade d’Amérique du Nord. Depuis il y apprécie sa tranquille vie d’agriculteur et malgré les soucis que lui pose sa famille dysfonctionnelle. Mais il ne ménage pas ses efforts pour maintenir les siens unis malgré la méfiance de certains habitants qui continuent à voir en eux des étrangers à la communauté.

 

Je crois que je tiens là un bon résumé de nouvelle série de Jeff Lemire.

 

Ah non !
 

J’oubliais qu’Abraham Slam et sa famille sont en fait d’anciens super héros incognitos. Ils viennent probablement d’un univers parallèle et ne peuvent pas quitter les limites de la ville sous peine de disparaître.

 

Là, vous avez un bon résumé.

 

 

CRITIQUE :

 

Je pense que vous aurez compris en lisant ce pitch que l’on n’est pas là dans une série se focalisant sur l’action. En sortant durablement les héros de leurs environnements habituels (Spider-man sans building ou Green Lantern sans espace ce n’est quand même pas pareil) Lemire centre son scénario sur ses personnages et pose la question de l’après.

 

En effet si certaines personnalités semblent avoir embrassé cette nouvelle vie d’autres au contraire sont comme d’anciens combattants ayant du mal à revenir à une vie tranquille. Et plusieurs personnages vivent encore dans le passé.

 

De ce point de vue il n’est pas innocent qu’un des héros revive sans cesse les évènements marquants de sa vie au point d’en perdre la raison.

 

Le tout est doublé d’un discours sur la famille (un thème cher à Lemire) et de la difficulté à se comprendre. C’est avant tout, du moins pour cette première partie, un récit sur les efforts qu’il faut faire pour continuer à partager un même toit. Et ce malgré les différences, les mesquineries, les erreurs et les défauts de chacun.

 

 

Mais attention le lecteur va prendre le train en route ! Les passifs et capacités de chaque personnage ne seront pas donnés dès le départ. Du coup afin que le lecteur se sente familier avec ses créations Lemire s’appuie sur l’histoire même de bande dessinée américaine et la connaissance que peut en avoir son lectorat.

 

En effet cette famille est composée d’archétypes connus, et ce souvent au-delà du cercle restreint des lecteurs de comics. Ainsi un personnage va s’inscrire dans la tradition des justiciers, et autres héros pulps « street-level », combattant le crime organisé. Un autre rappel les aventuriers spatiaux comme Adam Stange ou Flash Gordon, mais dont on peut remonter l’origine au Cycle de Mars d’Edgar Rice Burroughs. La série se réfère aussi à des moments précis de l’histoire des comics au travers de compositions qui évoquent les dimensions mystiques de Steve Ditko ou en offrant une certaine poésie à des marécages à la manière de ce qu’a jadis proposé Alan Moore.

 

En plus d’un récit très humain, Lemire nous offre donc une métafiction, un comic book parlant des comics eux même, où on peut s’amuser à dénicher les références. Mais si vous n’êtes pas très familier du genre super héroïque, rassurez-vous, l’ensemble reste très accessible. Et le passé des héros vous sera quand même raconté. Il s’agit plus là d’offrir une couche supplémentaire au récit et l’on peut malgré tout, je crois, apprécier l’histoire sans repérer toutes les références (un peu comme ce qu’avait fait Warren Ellis chez Wildstorm).

 

 

Si avez déjà vu mes vidéos, ou lu l’article précédent, vous avez peut être remarqué que je m’attarde assez peu sur l’aspect graphique des œuvres que je présente. C’est pourtant un point particulièrement important. Certains me diront que c’est le scénario qui prime. Oui, mais non ! Pour faire une comparaison, le film racontant la meilleure histoire du monde peut être complètement gâché s’il est mal cadré, monté de façon épileptique ou si l’image est complètement floue. Bref le script le mieux écrit n’a que peu de valeur s’il est rendu illisible. Cependant, je me contente malgré de montrer des planches ou des cases. De cette façon libre à vous de vous faire une idée du dessin. Fiez-vous à votre sensibilité et non à la mienne.

 

Cependant pour fois je voudrais me pencher un peu dessus.

 

Voyez-vous je trouve que l’un des talents de Lemire est de savoir s’entourer de bons dessinateurs et qu’il sait bien exploiter leurs compétences. Ainsi, pour ce j’en ai lu, j’ai le sentiment qu’il adapte dans une certaine mesure son écriture à l’artiste. Je ne sais si c’est instinctif, si c’est parce que Lemire dessine lui même, ou parce qu’il s’entretient bien en amont du projet avec ses dessinateurs, mais quoi qu’il en soit il arrive à tirer le meilleur d’eux. Ainsi j’ai du mal à imaginer Black Hammer sous les crayons de quelqu’un d’autre que Dean Ormston.

 

J’avais eu le même sentiment en lisant son run >

sur Green Arrow dessiné par Andra Sorrentino   

 

Ormston nous dépeint une petite ville intemporelle au charme un peu rétro. Si elle nous semble contemporaine, on serait cependant bien en mal de situer un encrage temporel précis au récit. Et c’est tant mieux, la série ne se démodera pas trop vite et ça facilite du même coup le mariage de figures qui évoluent le plus souvent dans des décors différents (SF fantaisiste, vigilantisme urbain, horreur façon E.C Comics, etc.)

 

Le tout est mis en valeur par Dave Stewart avec des couleurs automnales, qui s’accordent parfaitement avec la mélancolie se dégageant de l’histoire pendant une grande partie de l’album. Mais au fil des 6 numéros qui le composent, on ne se contente pas de nous dépeindre la campagne américaine. Au contraire l’équipe créative sait varier les environnements et certains peuvent se révéler... créatifs.

 

D’ailleurs, le processus créatif nous est exposé à la fin de l’ouvrage. Que ce soit, comme ça se fait de plus en plus souvent de nos jours, pour l’aspect graphique, mais aussi sur le plan scénaristique. En effet Lemire portait ce projet en lui depuis un bout de temps et il nous livre des dessins et biographies de personnages tels qu’il se les imaginait quand il a commencé à réfléchir à son histoire.

 

Bref vous aurez compris que j’ai particulièrement apprécié ma lecture, et je vous conseille vivement ce volume d’autant qu’Urban le vend à un prix relativement modeste afin d’en faire un produit d’appel vers cet univers super héroïque bien éloigné des canons du genre. Et vu comment ce tome ce termine pour ma part j’ai hâte de découvrir la suite.

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Sur ce blog je vais donner mon avis, pour le meilleur et pour

le pire, sur ce que j’ai lu en BD (principalement d’origine anglo-saxonne, mais pas seulement).

 

Pour mes vidéos, en plus de fournir des liens pour les visionner, je vais en fournir ici les textes afin que ceux qui n’apprécient pas ce média puissent tout de même en profiter.

 

Et puis je ne m’interdis pas de quitter de temps à autre le 9° art pour aborder d’autres trucs de geek.