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L'atelier des sorciers

August 14, 2018

 

On dit de certaines personnes qu’elles ont un talent particulier, qu’elles sont naturellement douées, voire que ce sont des génies. Mais est-ce vraiment le cas ?

 

 

L'atelier des sorciers

 

Autrice : Kamone Shirahama

Éditeur VO : Kodansha

Sortie VO : 2017

Éditeur VF : Pika édition

Traduction : Fédoua Lamodière

Sortie VF : Mars 2018 pour le tome 1

 

 

< Tous les dessins dans cet article sont de Kamone Shirhama

 

 

 

 

Résumé :

 

Coco est une petite fille fascinée par tout ce qui touche à la magie. Cependant n’étant pas née sorcière elle ne peut pas en faire elle même. Mais un jour, après avoir espionné un faiseur de sorts du nom de Kieffrey, elle comprend les bases de cet art et décide malgré tout de s’entraîner avec un grimoire acquis par le passé. Et à sa grande surprise, elle arrive à faire un sort. Malheureusement n’ayant aucune formation, et improvisant complètement, elle lance un sortilège interdit qui transforme sa mère en pierre. Kieffrey décide alors de recueillir la jeune fille et de devenir son professeur. Ce qu’elle accepte dans l’espoir de pouvoir inverser la malédiction pesant sur sa maman.

 

 

Critique :

 

Comme la série parle d’une enfant découvrant l’apprentissage de la magie, la comparaison avec Harry Potter est inévitable. On va donc crever l’abcès tout de suite en abordant ce point en premier. Mais elle est pourtant mal venue tant ces deux récits n’ont rien à voir.

 

Premièrement je trouve cette comparaison assez mal venue tant les deux œuvres ne sont pas construites dur les bases. Déjà Coco évolue dans un monde de fantasy « pure » avec sa faune sa flore et sa géographie propre. Ici pas de Londres dans lequel se déplacer ou de cousin allant dans une école normale. Dans ce manga les personnages évoluent dans un « monde secondaire » d’inspiration médiévale.

 

 

Deuxièmement, dans l’univers mis en scène par Kamome Shirahama les sorciers ne sont pas un monde caché des « moldus ». Au contraire ils interagissent régulièrement avec ceux qui ne pratiquent pas la magie. La tenue classique des jeteurs de sorts et en particulier le chapeau pointu se trouve même justifiée dans ce but. En effet, il a une fonction d’uniforme et sert donc à rendre les sorciers identifiables auprès du grand public. Ainsi il semble courant de solliciter l’aide d’un sorcier ou de lui acheter un objet enchanté. Cette fabrication d’artefacts semble même être une des principales sources de revenu des mages.

 

Enfin, Coco n’évolue pas, pour l’instant du moins, dans un milieu scolaire. Même si Kieffrey a d’autres élèves on est plus dans un rapport maître/apprentie que dans un rapport professeur/élève. Ici, les enfants sont en apprentissage dans un atelier et non dans une école avec une hiérarchie et un planning strict. Et cet aspect petit artisan des magiciens est un des points forts du récit.

 

 

Du reste dans notre monde de la réalité véritable les Anglais désignent la sorcellerie par le terme witchcraft. Terme qui insiste bien sur cette dimension artisanale. En français la magie est en revanche souvent désignée comme étant le grand Art ou simplement l’Art. D’ailleurs pour que dans le manga la magie ne devienne pas un deus ex machina bas de gamme l’autrice lui a inventé des règles de fonctionnement inspirées de sa propre pratique artistique.

 

Ainsi, dans ce monde de fantasy la véritable nature de la magie, et son secret le mieux gardé, tien au fait que c’est un art maîtrisable par tous à condition d’y consacrer un temps et des efforts suffisant. Cette maîtrise de l’art est en fait une maîtrise de gestes et techniques de dessin, qu’il faut répéter des années durant jusqu’à en acquérir une maîtrise parfaite. C’est à ces gestes que viennent s’ajouter la créativité et la réflexion afin de créer une œuvre nouvelle.

 

D’une certaine façon ce manga livre une critique de l’idée d’un talent inné. C’est l’effort et le dévouement à son art qui fait que l’on devient un maître. Que l’on trace un sort précis et créer cette magie, cette beauté, précieuse aux yeux de Coco tout comme l’art du dessin est certainement précieux aux yeux de la mangaka.

 

 

Et le dessin, la maîtrise graphique de l’artiste c’est la première chose qui frappe en découvrant cette série. C’est tout simplement sublime ! Le dessin est élégant et détaillé. Les designs des personnages sont très étudiés ce qui fait que chaque détail vestimentaire à une signification. Quant au découpage il est très maîtrisé ce qui rend la lecture parfaitement fluide.

 

Maintenant que les évidences ont été énoncées, il faut aborder l’histoire elle-même.

Sans la dévoiler plus, que je ne l’ai déjà fait, sachez que j’ai été particulièrement emballé par le premier volume. Malgré tout j’ai voulu attendre d’avoir lu le second tome avant de faire cette critique. Cela afin de m’assurer que la qualité était toujours au rendez-vous.

 

Alors est-ce le cas ?

 

 

Suspens...

 

Et bien, ce second volume est au moins aussi bon que le premier. L’univers s’enrichit déjà tout en restant cohérent. On en apprend plus sur la société des sorciers, ces règles, ses secrets, son histoire, son rapport avec les humains normaux. Bref, je ne peux que vous conseiller cette série qui, si elle continue sur cette lancée, annonce du très bon pour l’avenir.

 

Pour l’anecdote, sachez aussi que Kamome Shirahama  travaille aussi pour les éditeurs américains. J’ajoute un de ses boulot ici, histoire de finir de flatter votre rétine.

 

 

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Sur ce blog je vais donner mon avis, pour le meilleur et pour

le pire, sur ce que j’ai lu en BD (principalement d’origine anglo-saxonne, mais pas seulement).

 

Pour mes vidéos, en plus de fournir des liens pour les visionner, je vais en fournir ici les textes afin que ceux qui n’apprécient pas ce média puissent tout de même en profiter.

 

Et puis je ne m’interdis pas de quitter de temps à autre le 9° art pour aborder d’autres trucs de geek.